Chambres chez l'habitant dans le Finistère nord en bretagne
Vélodysée de morlaix à brest : un stop bien agréable.

Il y a quelques jours, un couple de Zurich nous a posé une question toute simple : “Vous pensez qu’il est possible de faire Paris jusqu’au Manoir de Kerozet à vélo en une semaine ?”

Et honnêtement, je ne savais pas trop quoi répondre. Sur une carte, Paris paraît déjà loin quand on est en voiture, alors à vélo… J’imaginais surtout les kilomètres qui s’accumulent, les jambes qui brûlent, le vent de face et les longues routes sous le soleil. Bref, dans ma tête, ça ressemblait davantage à une aventure un peu folle qu’à un vrai projet de vacances.

Et puis aujourd’hui, hasard complet, deux amies munichoises arrivent au Manoir avec leurs vélos, leurs sacoches pleines à craquer et des marques de bronzage très douteuses de cyclistes professionnelles. Elles avaient pris le train jusqu’à Paris avant de traverser la France en direction de la Bretagne, et lorsqu’on leur a demandé depuis combien de temps elles roulaient, elles ont répondu très naturellement : “Cinq jours.” Cinq jours à peine pour rejoindre la Bretagne depuis Paris, en pleine vague de chaleur.

Le plus drôle, c’est qu’au départ elles avaient prévu de faire environ 160 kilomètres par jour. Sur le papier, le plan semblait parfaitement organisé. Sauf qu’entre-temps, la France entière s’est transformée en sauna géant avec 35 degrés à l’ombre. Très vite, leur aventure sportive s’est adaptée aux réalités de la canicule : partir extrêmement tôt le matin, chercher l’ombre dès midi, remplir les gourdes dès qu’une fontaine apparaissait et surtout multiplier les pauses “techniques” dans les crêperies bretonnes.

Parce qu’apparemment, après plusieurs heures à pédaler sous cette chaleur, leur corps ne réclamait ni protéines, ni boissons énergétiques, mais exclusivement du chocolat.

Depuis leur arrivée, elles nous parlent avec un enthousiasme incroyable de leurs découvertes culinaires bretonnes : les crêpes au chocolat, les glaces au chocolat, et aujourd’hui leur plus grande réussite gastronomique, une énorme crêpe accompagnée d’une glace au chocolat.

À les entendre raconter ça, on aurait presque cru qu’elles avaient traversé la France uniquement pour justifier ce dessert.

Ce que j’ai adoré aussi, c’est leur manière de voyager. Elles n’ont pas vraiment d’étapes figées ni de planning militaire. Demain matin, elles repartiront très tôt “à la fraîche”, et choisiront une direction et verront bien où elles finiront la journée. Tout ce qu’elles savent pour le moment, c’est qu’elles ont encore quatre jours pour rejoindre Nantes avant de reprendre leur train.

Du coup, quand je repense à la question du couple suisse, je crois que j’ai finalement ma réponse. Oui, Paris jusqu’au Manoir de Kerozet à vélo en une semaine, c’est possible. Apparemment, il faut simplement de bonnes jambes, un peu d’improvisation… et une consommation de chocolat totalement déraisonnable.

Petit update du matin : Aurélie a finalement légèrement “retravaillé” leur itinéraire retour. Officiellement pour leur montrer une jolie route bretonne plus agréable à vélo. Officieusement pour leur faire faire un détour stratégique vers la meilleure chocolaterie du coin pour le petit-déjeuner. Apparemment, l’endroit ressemble à une jungle tropicale pleine de plantes, de chaleur et d’odeur de cacao… autant dire exactement le type de lieu où deux cyclistes allemandes sous perfusion de chocolat risquent de ne jamais repartir !

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