Aurélie et Henri prennent le larde en rade de brest

Deux caps, une seule envie d'évasion : le Manoir de Kerozet à la campagne (Plouider, à 4 km de la mer) ou le Ty'Brestoise en ville (Recouvrance, Brest)

Cours dajot, jardin chateau, marina brest

Lorsque j’étais enfant, on disait souvent qu’en Bretagne, il fallait toujours avoir un manteau à portée de main. L’été était doux, les prairies restaient vertes et la pluie faisait partie du paysage. Dans le Nord Finistère, une mer à plus de 16 °C était presque un événement. 

Aujourd’hui, j’observe le paysage depuis le Manoir de Kerozet et j’ai parfois l’impression de vivre dans une autre région. Nous sommes à la mi-juillet. Voilà plus d’un mois que nous n’avons presque pas connu de vraie pluie. Quelques orages éclatent parfois, mais le sol est si sec que l’eau disparaît aussitôt. Les prairies sont jaunes, les jardins souffrent, les haies commencent à brunir. Même le vent, qui apportait autrefois cette fraîcheur si caractéristique de notre côte, est devenu chaud.

Comme beaucoup d’entre vous, nous vivons désormais volets fermés pendant la journée et fenêtres ouvertes tôt le matin pour garder un peu de fraîcheur. Ce sont des habitudes que l’on associait autrefois au sud de la France… et qui deviennent peu à peu notre quotidien. Je ne suis ni scientifique ni climatologue. Je partage simplement ce que j’observe depuis des années sur cette terre où je vis. Ce qui me marque le plus, ce n’est pas une journée de canicule. C’est que ce qui nous semblait exceptionnel devient progressivement normal.

Faire notre part, simplement

Au Manoir de Kerozet, nous essayons d’agir à notre échelle. Quand nous demandons à nos voyageurs de faire attention à leur consommation d’eau ou d’éviter les douches trop longues, ce n’est pas pour imposer des règles. C’est parce que l’eau est une ressource précieuse, surtout en Bretagne où les réserves sont relativement limitées. Après plusieurs semaines sans pluie, les nappes phréatiques se rechargent difficilement et les restrictions peuvent arriver rapidement.

Nous avons la chance d’avoir une source qui coule toute l’année sur la propriété. C’est une vraie richesse. Pourtant, même ici, nous constatons que le petit ruisseau devient plus discret lorsque les pluies se font attendre. Cela rappelle que rien n’est acquis. Au quotidien, nous essayons aussi de limiter notre impact. Nous trions nos déchets, nous compostons, une partie des restes est donnée aux poules, nous récupérons l’eau de pluie et, quand nous y pensons, nous réutilisons l’eau pour arroser les fleurs.

Est-ce que nous faisons tout parfaitement ? Non.

Il nous arrive d’oublier, ou de ne pas y faire attention nous même. Certaines habitudes ne sont pas encore automatiques. Et c’est justement ce que j’aimerais partager : l’écologie n’est pas une course à la perfection. C’est une succession de petits gestes que l’on apprend au fil du temps.Partager notre maison fait aussi partie de cette démarche. Cette vieille bâtisse est bien trop grande pour deux personnes. En accueillant des voyageurs, nous partageons des ressources qui existent déjà plutôt que d’imaginer toujours construire davantage. Et restaurer un manoir vieux de plusieurs siècles est, à sa façon, un acte de préservation : faire durer l’existant, transmettre un patrimoine et lui donner une nouvelle vie.

Voyager autrement

J’ai une affection particulière pour les voyageurs qui arrivent à vélo. Les routes du Nord Finistère ne sont pas toujours tendres avec les mollets, mais quel plaisir de voir des personnes choisir de découvrir la région autrement.

Pour moi, le tourisme responsable ne consiste pas à être irréprochable. Il consiste à prendre son temps. Dormir plusieurs nuits au même endroit. Rencontrer les habitants. Découvrir les producteurs locaux. Marcher jusqu’à une plage. Admirer un coucher de soleil sans forcément courir vers le prochain site à visiter.

Finalement, voyager lentement permet souvent de vivre beaucoup plus intensément.

Chacun peut apporter sa pierre

Je suis convaincue que les grandes évolutions passeront aussi par les entreprises, l’industrie et les décisions publiques. Mais cela ne nous empêche pas, nous aussi, d’agir à notre niveau.

De mon côté, je réfléchis de plus en plus à développer des activités qui limitent les déplacements inutiles. Parce que chaque kilomètre évité est un petit pas dans la bonne direction.

Aucun geste, pris seul, ne changera le monde. Mais des millions de petits gestes peuvent finir par avoir un véritable impact.

Le Manoir de Kerozet est un lieu où l’on prend le temps. Le temps de discuter autour d’un café, d’observer les chiens jouer dans le jardin, d’écouter le vent dans les arbres, d’observer les oiseaux… même lorsqu’il est un peu trop chaud.

J’espère simplement que les générations futures pourront encore découvrir cette Bretagne que j’ai connue : verte, sauvage, accueillante, pleine de vie, et préservé.

Et vous, quelles sont les petites habitudes que vous avez mises en place chez vous ou en voyage pour préserver un peu mieux notre planète ? Je serais ravie de découvrir vos idées en commentaire. Peut-être qu’elles inspireront d’autres personnes… et nous aussi.

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