Aurélie et Henri prennent le larde en rade de brest

Deux caps, une seule envie d'évasion : le Manoir de Kerozet à la campagne (Plouider, à 4 km de la mer) ou le Ty'Brestoise en ville (Recouvrance, Brest)

Phénomène de marées, la mer part faire un petit tour bretagne plage

S’il y a bien une question qui revient chaque été au Manoir de Kerozet, c’est celle-ci :

« Excusez-moi… mais elle revient quand, la mer ? »

À chaque grande marée, le scénario se répète. Des voyageurs arrivent sur la plage, regardent l’horizon, consultent leur téléphone, puis nous demandent s’ils sont bien au bon endroit. Les plus surpris sont souvent les vacanciers qui viennent de la Méditerranée. Et je les comprends. Je me souviens d’une journée passée sur une plage près de Marseille. Je m’étais installée avec l’idée d’observer les marées. Quelques heures plus tard… rien, ou presque. Le niveau de l’eau avait si peu varié que j’avais surtout eu l’impression d’être au bord d’un immense lac.

En Bretagne, c’est une toute autre histoire.

Et ce qui m’a le plus amusée, c’est de voir que même certains visiteurs normands restent bouche bée devant nos marées. Pourtant, depuis qu’on leur a « prêté » le Mont-Saint-Michel, ils auraient pu avoir un indice ! 😉

Pourquoi la mer disparaît-elle en Bretagne ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les marées ne sont pas seulement dues à la Lune. Elles sont provoquées par l’attraction gravitationnelle de la Lune et du Soleil sur les océans. Deux fois par jour, la mer monte puis redescend. Mais en Bretagne, ce phénomène est particulièrement spectaculaire. Vous entendrez souvent parler du coefficient de marée. Il varie de 20 à 120. Plus le coefficient est élevé, plus la différence entre la marée basse et la marée haute est importante. Les plus grandes marées se produisent généralement lors des nouvelles lunes et des pleines lunes.

Mais le coefficient n’explique pas tout. La forme de la côte et surtout la pente de la plage jouent un rôle essentiel. Imaginez deux plages.

  • La première descend rapidement vers la mer. Même si le niveau de l’eau varie de plusieurs mètres, le rivage ne se déplacera que de quelques dizaines de mètres.
  • La seconde est presque plate. Dans ce cas, ces mêmes quelques mètres de différence suffisent à faire reculer la mer de plusieurs kilomètres.

C’est pour cela qu’en Bretagne et plus particulièrement sur certaines plages du Finistère, on peut parfois marcher près de quatre kilomètres avant d’atteindre l’eau (kerema)

Chaque plage a son caractère

C’est aussi ce qui rend notre littoral si fascinant. Certaines plages conservent toujours un peu d’eau et deviennent de véritables piscines naturelles à marée basse. D’autres découvrent d’immenses bancs de sable, des champs d’algues, des rochers, des coquillages et tout un monde habituellement caché sous la mer.

Le même endroit peut offrir deux paysages totalement différents à seulement quelques heures d’intervalle.

Les marées peuvent aussi réserver quelques surprises…

À la baie de Guissény, par exemple, on découvre de petites criques qui donnent immédiatement envie de poser sa serviette pour profiter du calme. C’est une excellente idée… À condition de vérifier que votre chemin de retour sera toujours accessible à marée haute ! Une petite sieste peut rapidement se transformer en séance d’escalade improvisée avec la glacière, le sac de plage, les enfants, les tongs… et un fou rire garanti.

Je me souviens aussi de l’histoire d’un vacancier qui avait décidé d’installer sa serviette au plus près de l’eau pour avoir la meilleure place. Le problème, c’est qu’il s’était installé à marée montante. Pendant qu’il profitait d’un bain, sa serviette prenait la poudre d’escampette. La mer est revenue si discrètement qu’il ne s’est aperçu de rien… jusqu’à voir sa serviette flotter tranquillement à ces cotés sous le regard amusé des autres baigneurs.

En Bretagne, la mer ne fait pas toujours une entrée spectaculaire. Elle avance lentement, mètre après mètre, presque sans bruit. C’est justement ce qui la rend aussi surprenante.

Vivre au rythme des marées

Pour nous, Bretons, consulter les horaires des marées est un réflexe. Avant une balade sur le GR34, une sortie en kayak, une partie de pêche à pied ou une journée à la plage, on regarde toujours les horaires… presque autant que la météo ! Car même certains chemins disparaissent sour les eaux.  Les marées ne sont pas une contrainte, elles font partie du voyage. Elles offrent des paysages qui changent sans cesse, des couchers de soleil sur des bancs de sable immenses, des criques secrètes qui apparaissent quelques heures et des souvenirs que l’on ne trouve nulle part ailleurs.

C’est aussi pour cela que nous aimons prendre le temps d’échanger avec nos voyageurs. Que vous souhaitiez observer les plus grandes marées, partir à la pêche à pied, trouver une plage adaptée aux enfants ou éviter qu’une simple sieste ne se transforme en aventure, nous sommes toujours ravis de partager nos conseils et nos petits coins préférés. Parce qu’en Bretagne, on ne découvre pas seulement une région. On apprend à vivre au rythme de la mer.

Et rassurez-vous… si en arrivant vous vous demandez où est passée la mer, elle n’a pas disparu. Elle est simplement partie faire un tour… et elle reviendra, comme elle le fait depuis des millénaires.

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