Aurélie et Henri prennent le larde en rade de brest

Deux caps, une seule envie d'évasion : le Manoir de Kerozet à la campagne (Plouider, à 4 km de la mer) ou le Ty'Brestoise en ville (Recouvrance, Brest)

3 vélo au départ de Kerozet avec un déficient visuel!

Il y a des voyageurs qui marquent plus que d’autres. Lors de leur onzième jour de périple, nous avons eu le plaisir d’accueillir trois cyclistes partis de Saint-Malo avec un objectif ambitieux : rejoindre Concarneau en suivant les routes de Bretagne.

Parmi eux, un homme atteint d’une importante déficience visuelle. Aveugle d’un œil et ne disposant que d’un dixième de vision sur l’autre, il prouve chaque jour qu’un handicap n’empêche pas de vivre de grandes aventures.

Mais derrière cet exploit se cache aussi une magnifique histoire d’amitié et de solidarité. Sa femme et une amie l’accompagnent tout au long du parcours. L’une ouvre la route, l’autre ferme la formation. Ce sont elles qui gèrent les intersections, les arrêts, les changements de direction et veillent constamment à sa sécurité. Une organisation parfaitement rodée qui leur permet d’avancer ensemble, étape après étape.

En les écoutant raconter leur voyage, une chose nous a frappés : malgré ses paysages magnifiques, la Bretagne accuse encore un certain retard concernant le tourisme à vélo. Les itinéraires sont parfois peu lisibles et le balisage laisse souvent à désirer, alors que d’autres régions françaises proposent des parcours particulièrement bien signalés.

Pourtant, voyager à vélo, c’est bien plus qu’un moyen de transport. C’est choisir de ralentir, de prendre le temps de découvrir les paysages, les villages et les habitants. C’est une façon de voyager plus douce, plus écologique et plus humaine.

Ils nous ont également confié une autre déception rencontrée au fil de leur séjour. Après une première étape en chambre d’hôtes à Saint-Malo, ils ont souvent dû se tourner vers des hébergements où tout se faisait à distance, sans véritable rencontre avec les propriétaires. Dans l’un d’entre eux, un casque de vélo a même été oublié à l’intérieur après avoir déposé les clés dans une boîte sécurisée. Impossible de le récupérer : il a fallu en racheter un autre.

Au-delà de cette mésaventure, c’est surtout l’absence de lien humain qui leur a manqué.

Alors, lorsqu’ils sont arrivés chez nous, nous avons simplement fait ce que nous aimons le plus : prendre le temps d’échanger, partager quelques histoires, parler de la région et apprendre à nous connaître.

Et c’est finalement ce qu’ils ont particulièrement apprécié.

Parce qu’une chambre d’hôtes, ce n’est pas seulement un lit pour la nuit. C’est aussi une porte ouverte sur une région, ses habitants et ces rencontres inattendues qui rendent un voyage inoubliable.

Leur passage chez nous nous a rappelé une chose essentielle : peu importe la vitesse à laquelle on avance, l’important est peut-être simplement de continuer à pédaler… et de le faire ensemble.

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